twitter facebook

Le tango Argentin à Toulouse



Une danse née dans les faubourgs populeux de Buenos Aires et Montevideo, danse des petits malfrats et des prostituées dénigrée par la bourgeoisie, qui ne sera acceptée par la bonne société argentine qu'après un passage en Europe, et notamment à Paris, où il fera fureur au début du 20ème siècle.

Danse d'improvisation, renouvelée et réinventée à chaque tango et avec chaque partenaire. Transmission d'une émotion plus qu'exécution de pas. Danse de séduction, danse du désir sublimé entre un homme et une femme qui se donnent et s'abandonnent le temps d'un morceau musical, indifférents aux regards extérieurs, car le tango argentin, le tango populaire, celui des bals, est entièrement tourné vers le couple. Certains le disent machiste, car l'homme guiderait et la femme n'aurait qu'à suivre passivement. Erreur ! L'homme propose et s'il sait être convaincant, la femme choisit alors de l'accompagner dans cette quête commune de la fusion à deux avec la musique.


Le tango est né à la fin du XIXe siècle en Argentine et en Uruguay , dans les quartiers populaires de Buenos Aires et Montevideo. L'immigration européenne massive, surtout espagnole et italienne, va apporter des musiques, des mélodies, des rythmes qui vont rencontrer un phénomène rioplatense récent, la milonga.

La milonga se diffuse dès le milieu du XIXe siècle dans les faubourgs de Buenos Aires. Mélangeant le rythme musical afro-uruguayen candombe (work song rythmé que chantent les esclaves noirs africains) et la habanera cubaine, la milonga est à la fois chant et danse populaires aux accents parfois mélancoliques mais malgré tout entraînants, profonds et animés. Elle permet aux hommes venus chercher fortune, très nombreux pour un nombre de femmes très limité, de se mettre en concurrence. Du fait de la rareté des femmes, mais aussi de la société masculine dont elle participe très vite, elle se danse essentiellement entre hommes.
Les influences européennes multiples et le développement de la danse comme compétition de séduction vont en faire un loisir chargé d'enjeux. Le tango se construit comme codification progressive de passes, de rythmes, de brisures, de l'unification culturelle d'une population dont la diversité est source de tensions...

Chaque pas révèle et dénoue dans le même temps les drames de la pauvreté, du pays éloigné, du désir inassouvi. En 1900, 70 % de la population de la capitale argentine est masculine, en quête des richesses d'un monde nouveau. Certains ont fui leur pays, la plupart sont prêts, si ce n'est à tout, du moins à beaucoup. Peu à peu le tango acquiert ses formes, ses signes, ses lieux. Les bordels, les bars du port sont les lieux réputés mal famés, où l'on danse le plus, où la guitare et la flûte se frôlent avant que ne s'impose ce qui deviendra l'instrument du tango : le bandonéon.

Au début du XXe siècle, de nombreux jeunes hommes de bonne famille aimant à s'encanailler et surtout à séduire facilement, vont découvrir le tango. Il leur est cependant impossible de danser cette danse, immorale aux yeux de leur classe, avec les jeunes filles de leur milieu. C'est donc à Paris, lors de leurs voyages initiatiques de jeunes bourgeois, qu'ils initieront la société parisienne, cosmopolite et à l'affût de toutes les nouveautés pour s'égayer, à cette danse des bouges et des tripots. Très vite, le tango va être adopté par la capitale française. Choyé, il acquerra ainsi ses lettres de « bourgeoisie ». C'est par ce filtre de l'aura européenne sur la bonne société argentine et uruguayenne que le tango se diffusera finalement sur ses terres natales.
















Contenu du bloc du bas